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Le trombone

A la Nouvelle-Orléans, dans les premières formes du jazz, le rôle du trombone fut d’abord de fournir un liant à la multiplicité des voix instrumentales de l’orchestre, et d’apporter un complément au tuba ou à la contrebasse. Il avait une fonction rythmique et harmonique. Le style " tailgate ", caractérisé par l’emploi quasi exclusif de longs glissendos venant en contrepoint des phrases de la trompette et de la clarinette dans l’improvisation collective, eut son représentant le plus notoire avec Kid Ory.


Les premiers trombonistes, comme Kid Ory, Charlie Green et George Brunies, ne se considéraient pas comme des solistes, même quand ils inventaient des contre-chants derrière leurs collègues. C’est George Harrison, au sein de l’orchestre de Fletcher Henderson, qui peut être considéré comme le premier soliste de l’instrument : sonorité chaleureuse, large vibrato à la manière Nouvelle Orléans, mais aussi attaque incisive et précision d’intonation donnant au trombone un rôle comparable à celui des autres instruments mélodiques.


Musicien blanc, Miff Mole contribua à ouvrir la voie à deux autres trombonistes dont les noms devaient par la suite figurer de manière plus substantielle dans l’histoire du jazz : Tommy Dorsey et Jack Teagarden. L’entrée en scène de Teagarden, doté d’un sens du blues plein de sensibilité et d’intelligence, apporta un sérieux renfort à tous ceux qui tentaient de forger un langage nouveau pour l’instrument. Son phrasé était inventif, il se débarrassa du vibrato dans les années trente, et même au moment de l’émergence du style cool, son jeu resta aux yeux des trombonistes un modèle du genre.