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Les musiciennes de jazz : le long chemin vers la reconnaissance.

L’hisoire du jazz féminin est celle d’un long parcours d’obstacles : de Bessie Smith aux stars actuelles comme Diana Krall ou la folk-jazz Norah Jones, les " Jazz Ladies " durent affronter à la fois le racisme et la misogynie. Elles furent d’abord interprètes de minstrels, puis, " canaris " ainsi qu’on nommait les chanteuses d’orchestre, avant de trouver toute leur place durant la guerre, quand les hommes furent mobilisés. Elles seront plus tard des militantes des droits civiques avant d’être reconnues depuis les années 1960, comme de grandes artistes.

Sauf cas exceptionnels, les femmes qui ont accédé à la célébrité dans le jazz ont été chanteuses, comme Billie Holiday, Ella Fitzgerald, ou Sarah Vaughan. Des artistes féminines qui ont su rivaliser avec leurs homologues masculins sur le plan de la virtuosité – quand elles ne les ont pas surpassés ! – Mary Lou Williams a sans doute été la plus unanimement appréciée. Avant elle, il convient toutefois de citer Lil Hardin, la femme de Louis Armstrong, qui, en tant que pianiste de ses premiers groupes, a pour beaucoup participé à la formation artistique du célèbre trompettiste. A Kansas City, nombre de femmes se sont illustrées. Citons la chanteuse et pianiste Julia Lee, ainsi que Margaret Johnsson, qui a tenu le piano au cours d’enregistrements de Lester Young.

D’autres musiciennes, telles que Cléo Brown, Hadda Brooks et Rose Murphy se sont révélées d’admirables interprètes de blues et de balades. Hazell Scott a, quand à elle, enregistré
avec Max Roach et Charles Mingus. Marian McPartland, pianiste très complète a su évoluer
sur un large terrain, allant du mainstream au bop. Alice Coltrane, Joanne Brackeen et plus
récemment Claudine Myers et Eliane Elias représentent quant à elles les tendances d’avant-garde.

A l’exception du piano, les femmes ont souvent été écartées de la pratique des instruments. La plupart d’entre elles, même, n’ont été jugées qu’avec indifférence. Il s’agit-là d’une véritable injustice, car dès les premiers temps du jazz, il a existé des orchestres et des femmes instrumentistes qui ont tenté de se frayer un chemin à travers la musique de jazz. En 1914, on trouvait à Harlem un ensemble féminin, " l’Astoria Ladies Orchestra " dirigé par Ethel Hill. Une autre formation, connue sous le nom de " Twelve Vampires ", se produisair au Roseland Ballroom en 1927, cependant que la pianiste Lovie Austin dirigeait à Chicago un groupe qui comprenait Tommy Ladnier et Kid Ory. Mentionnons encore Valaida Snow, qui, de 1933 à 1940, était proclamée " Queen of the trumpet ".

Nombreuses ont donc été les femmes qui ont participé à l’évolution du jazz. A l’image de " l’ International Sweethearts of Rhythm " orchestre noir dirigé par Jessie Stone, qui a connu un certain succès dans les années trente et quarante, et dans lequel se trouvait à la batterie Pauline Bradly, qui a fait l’objet des éloges les plus flatteurs de Sid Catlett et de Jo Jones. Le quintette que Mary Lou Williams a formé en 1946 comportait d’excellentes solistes ; Margie Hyams au vibraphone et Mary Olborne, influencée par Charlie Christian, à la guitare. Nombre de femmes se sont illustrées à la guitare, citons à cet égard ; Marion Grange, ainsi que la française Marie-Ange Martin, qui a formé un groupe féminin baptisé " Ladie’s First ".

Dans le jazz moderne se distinguent encore les trombonistes Melba Liston, au demeurant remarquable arrangeuse et Janice Robinson, révélée par l’orchestre de Mel Lewis, au saxo alto, Vi Reed, une adepte de Charlie Parker, à la batterie Dottie Dodgion et Terry Line Carrington, à la trompette Ingrid Jensen, à l’orgue, Rhodda et Shirley Scott, au piano la japonaise Toshiko Akiyoshi, qui dirige un big band depuis 1973, et enfin Carla Bley, connue également pour ses talents de compositrice.


Les jazz women sont des femmes passionnées. Elles jouent une musique difficile dans un milieu difficile : pas le genre à s’avouer les martyres des machos. Parce qu’elles sont plus intuitives, grâce à leur sensibilité particulière elles contribuent à faire le jazz d’aujourd’hui.