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JOE " KING " OLIVER








                                                        De 1908 à 1917, il se produit tour à tour avec l'Olympia Band, l'Onward Brass
                                                        Band, l'Eagle Band, l'Original Superior Band. Il fut encore le cornettiste du
                                                        pianiste Richard M. Jones et surtout celui de l'orchestre Kid Ory. L'exode des meilleurs vers la Californie et Chicago l'incita à partir à son tour. A Chicago, Oliver rejoignit le groupe du clarinettiste Lawrence Duhe dont il finit par prendre la direction. Dès 1922 il se produisit deux ans durant avec son Créole Jazz Band. Il y dirigea le clarinettiste Johnny Dodds, le banjoïste John Saint Cyr, le batteur Warren " baby " Dodds, le bassiste Bill Johnson et un jeune disciple admiratif nommé Louis Armstrong…

Renouvelant ses formules, il fonda en 1925 ses Dixie Syncopators qu'il dirigea jusqu'en 1927. Tentant avec eux la funeste aventure New Yorkaise, il fut obligé de licencier son groupe. Il continua à animer plusieurs formations jusqu'en 1936. Il mourut le 8 avril 1938. Parmi ses nombreuses compositions, Canal Street Blues, Dippermouth Blues, Doctor Jazz, West End Blues, passent pour être les mieux connues.

L'HISTOIRE ET LA LEGENDE


Peu importe aujourd'hui si l'histoire est vraie. Peu importe aussi de connaître, touchant la personnalité et l'art de Joe Oliver, quelle part revient à la réalité, quelle autre à la légende. Plus intéressant, sans doute, serait de savoir : pourquoi la légende ? La valeur du musicien déjà, la puissance créatrice, bien sûr…

King Oliver doit-il sa couronne à la qualité indéniable de son jeu, à l'émotion de son inspiration ?
Oliver est légendaire parce que, le premier, il a défini et codifié les règles de la tradition, parce que, le premier, il a organisé et canalisé le foisonnement échevelé des époques antérieures. Il reste avant tout l'homme du passage - passage de la tradition orale, vécue et recréée dans l'instant à la tradition écrite et conservée.

Mais, en définitive, seul l'élément subjectif ou sentimental parvient pleinement à conférer à la légende sa véritable épaisseur. Cette façon qu'a la vie de jouer sans cesse, impitoyablement, avec un souci raffiné de la dérision, avec l'homme hors du commun, comme s'il se trouvait là pour cela aussi, comme si sa haute stature fournissait la valeur d'un exemple à la dimension tragique de l'existence, la rendant alors susceptible de s'identifier au tragique individuel et social, toujours présent à la fois au fond de tous et hors de chacun. Oliver, vieux roi en exil, poursuivi par la guigne, mort finalement de misère et d'oubli.

En ce sens, l'on pourra dire d'Armstrong ou d'Ellington qu'ils ont du génie, qu'ils sont sublimes ou bouleversants, d'autres choses encore, jamais l'on ne pourra les saisir comme légendaires…

Joe Oliver, l'homme du passage, au seuil de la détresse et de l'immortalité, passé déjà de l'autre côté du miroir, à l'intérieur d'un monde qu'il a contribué à fonder, d'un monde prêt pourtant à le quitter…restera une légende grâce au travail, à la passion de musiciens comme les Dumoustier Stompers qui perpétuent son œuvre, son esprit, sa vie.
 
 
 
 
Joe Oliver est né en Louisiane en 1885. La date exacte ne nous est point connue, non plus que le lieu précis de la naissance. Mais l'on sait qu'Oliver passa son enfance à La Nouvelle Orléans. Il commença très jeune à jouer dans les fanfares.

Après s'être essayé au trombone, il adopta définitivement le cornet.
Parmi ses plus anciens employeurs, l'on révèle les noms de Walter
Kinchin et de Melrose.