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Ces dizaines de milliers de salles de danse, qui ont ouvert leurs portes dans les années trente, ont à l'évidence connu leur âge d'or avec celui des orchestres " swing ".

Connu également sous le nom révélateur de " Foyer des Pieds Heureux ", le Savoy Ballroom a ouvert ses portes le 12 mars 1926, avec l'orchestre de Fess Williams, et le Big Band de Fletcher Henderson. De forme rectangulaire, avec deux scènes et des bars de chaque côté (sauf pendant la prohibition), le club se trouvait au deuxième étage d'un immeuble situé au croisement de l'avenue Lenox et de la 140ème rue, et durant ses trente deux années d'existence, il a été la
boîte de jazz la plus cotée de Harlem.

Dans les années trente, la préoccupation du propriétaire Charlie Buchanan, était de contraindre les orchestres à
adapter leur répertoire aux exigences des danseurs. En ces années de swing, les danseurs étaient bien les rois des
clubs et cabarets, lieux où nombre de " jazz dances " ont vu le jour comme le hindy bop, qui devait bien vite se substituer
au charleston et autres danses caractéristiques des années vingt.

Le Savoy Ballroom était surtout célèbre pour ses " Dance Contests " dont l'organisation relevait de la compétence de Buchanan. Celui-ci recrutait un groupe fraîchement arrivé à New York, lequel devait se confronter à l'orchestre des lieux. Ces ensembles répétaient pour trouver des arrangements spéciaux, tout en élaborant une stratégie efficace, destinée à surprendre et à détrôner l'orchestre en place. Placées chacune sur une estrade, les formations jouaient alternativement, après quoi le public désignait le vainqueur par la vigueur de ses applaudissements.

Parmi les formations titulaires que compta le Savoy, trois se firent particulièrement remarquer : celle de Chick Webb, les Al Cooper's Savoy Sultan, et la formation de Erskine Hawkins. Après que plus de 250 orchestres eurent joué sur ses deux scènes, le Savoy Ballroom dut fermer ses portes en juillet 1958.
L'éclosion des ballrooms dans les Etats-Unis des années trente.

L'ère du swing a provoqué une véritable révolution dans les habitudes ludiques
du peuple nord-américain, en ce sens que la musique produite à cette époque, en témoignent le fox-trot, le boogie et le slow, était toujours dansante. La danse a
entraîné une saine rivalité entre les orchestres et, partant, a favorisé la construction
de ballrooms.

Il n'existait pas de ville, en effet, aux Etats-Unis, si petite fut-elle, qui ne possédait pas au minimum deux orchestres pour animer les soirées du samedi dans les ballrooms.